L’ONUDC engagé dans la lutte contre la criminalité faunique et floristique

Publié le par Jean Eudes Ganga Mickemby

L’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) a organisé à Brazzaville en partenariat avec la COMIFAC ( Commission des Forêts d’Afrique Centrale) et la CEEAC du 31 août au 2 Septembre 2015 le premier atelier des Etats de l’Afrique Centrale sur le renforcement des contrôles aux frontières dans le cadre de la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts. Les travaux de cet atelier ont été clôturés Henri Djombo, Ministre congolais de l’Economie Forestière et du Développement Durable au cours d’une cérémonie au cours de laquelle ont pris part Marie Daschbach, Première Conseillère à l’Ambassade des Etats Unies au Congo et de Pierre La Paque, Représentant Régional de l’ONUDC. Les cinquante participants venus de Cinq pays à savoir le Congo, la RCA, la RDC, le Gabon, le Cameroun et le Tchad ont, au terme de travaux, formulé une dizaine de recommandations découlant du soutien à la proposition de l’ONUDC pour la création d’une plateforme de coopération régionale en matière de lutte contre la criminalité faunique et floristique. Parmi les recommandations figurent l’élaboration d’une stratégie et d’une politique pénale nationale en la matière ; l’assistance technique aux Etats concernés pour l’élaboration d’une politique pénale nationale et régionale de lutte contre cette criminalité ; l’assistance à la formation des magistrats spécialisés, voire la création de juridictions spécialisées en la matières ; l’urgence et la nécessité de la mise en place à bref délais de structures de coordination au niveau national pouvant accélérer la création de la plate forme régionale. Pierre La Paque, Représentant Régional de l’ONUDC a insisté sur le fait que « ces bonnes recommandations sur lesquelles vous avez travaillé ne restent pas lettres mortes mais qu’elles puissent être traduites en action, cela est un point important. La coopération nationale et régionale est absolument fondamentale. On ne peut pas lutter contre des trafiquants, c'est-à-dire des gens qui sont impliqués dans la criminalité organisée transnationale comme on lutte contre la criminalité basique. Ce sont des gens qui ont des réseaux, qui ont un pouvoir économique, qui ont un pouvoir de tuer et de corrompre. Il faut donc un engagement fort de votre part et de la part de vos gouvernements ». La criminalité faunique représente un réel fléau dans le monde et en Afrique où les rhinocéros et les éléphants sont particulièrement chassés pour leurs cornes et leurs ivoires. Cette criminalité est entretenue, a reconnu Marie Daschbach, Première Conseillère à l’Ambassade des Etats Unies au Congo, est entretenue par des réseaux criminels transfrontaliers opérant avec des moyens sophistiqués. Elle a proposé une réflexion sur des mesures visant à dissuader ces pratiquants. La criminalité faunique et floristique a un impact sur les efforts nationaux dans le développement durable, tout particulièrement dans le domaine de l’écotourisme, ont reconnu les participants. Bie au-delà, la criminalité faunique et floristique devient un problème de sécurité nationale et régionale. Dans son discours de clôture, le Ministre Henri Djombo a noté que « la réunion de Brazzaville a eu le mérite essentiel de réunir tous les acteurs impliqués dans les contrôles aux frontières aux niveaux national et régional afin d’échanger sur les bases nécessaires à la mise en œuvre de la dite plateforme. Dans cette perspective et afin de lutter efficacement contre ce fléau qui prend de plus en plus de l’ampleur, les pays d’Afrique centrale ont l’impérieux devoir de mutualiser les actions et fédérer les efforts en vue de la mise ne œuvre de la stratégie et du plan d’action de lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite des espèces de faunes et de flore adopté en juin 2015 à Johannesburg par les Chefs d’Etats de l’Union Africaine ». Rappelons que cet atelier s’inscrit dans le droit fil de la conférence internationale dur l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvage d’Afrique tenue à Brazzaville en avril 2015. Au cours de ces assises, la Conférence des Ministres de la Communauté des Etats de l’Afrique avait adopté un Plan d’Action d’Urgence de Lutte Anti Braconnage (PAULAB) couvrant les zones de savanes et de forêts.

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