L’enrichissement en micronutriments de la farine de manioc préoccupe le gouvernement du Congo et le Programme alimentaire mondiale.

Publié le par Jean Eudes GANGA MICKEMBY

Un atelier de validation du rapport de l’enquête  FRAT  sur la consommation de la farine de manioc a été  organisé le vendredi 9 décembre à Brazzaville.

 

Les chiffres avancés par Koffi AKAKPO, Représentant adjoint du PAM au Congo sont interpellateurs. «  Au Congo, selon les résultats de l’EDS (2011-2012), 67% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’anémie. Ce taux atteint 85% chez les enfants de 6 à 8 mois et 54,2 % chez les femmes en âge de procréer (15 à 49 ans). De plus, 25 % des enfants d’âge préscolaire souffrent de carence en vitamine A ».  Ainsi, le gouvernement, avec l’appui du PAM et de l’UNICEF,  a-t-il  formulé une réponse à ce problème en développant notamment une stratégie nationale de lutte contre les carences en micronutriments et initié l’enquête  FRAT (Fortification Rapid Assessment Tools). Bien plus, en 2012, une Commission Nationale pour la Fortification des Aliments avait été mise en place au sein du Ministère en charge du développement industriel. Ce ministère a été représenté à la cérémonie d’ouverture de cet atelier par Jean Raymond DIRAT, le Directeur du Cabinet  qui reconnait le danger que représente la malnutrition dans la sous région et au Congo : « …selon les résultats scientifiques, l’Afrique centrale connait une augmentation de 143,7 % de sa population malnutrie pour la période 2014-2016, en comparaison pour la même période, ce taux a une tendance vers la baisse. Il est de moins de 24,5% pour l’Afrique de l’ouest, 2,3% pour l’Afrique du sud et 19,6 % pour l’Afrique de l’est. En République du Congo, ce taux reste encore très élevé, il est de 61,9%  , toutes formes de malnutrition confondues ».

L’enquête  FRAT enquête s’est préoccupé de recueillir  et d’analyser le modèle de consommation  des ménages par rapport à un ou des potentiels aliments spécifiques, potentiels aliments spécifiques, potentiellement fortifiables. Elle a confirmé que  la farine de manioc, appelé couramment,  foufou est un aliment de large consommation des Congolais, elle  est consommée par plus de 66% de la population chaque jour. Selon le PAM, la situation nutritionnelle au Congo est caractérisée par une carence en presque tous les micronutriments. Des déficits en fer, en zinc et en vitamines B sont signalés au niveau de la population de tous les âges. C’est ainsi que le rapport de l’enquête FRAT note que : « La fortification en micronutriments de la farine de manioc en fer , en zinc et en vitamines B peut être considérée comme un des moyens efficaces pour combattre les carences en  micronutriments au seins de la population » .

A quoi servira l’enquête FRAT ?

Les résultats de cette enquête devraient être utiles entre autres dans la définition du taux de fortification  ainsi que des normes et standards de la farine de manioc à promulguer au niveau national. Ils serviront aussi à renforcer les capacités techniques des petits producteurs et des entreprises dans la maitrise du processus  de fortification de la farine de manioc.

S’inspirer de l’expérience d’autres pays

Dans sa démarche visant l’aboutissement de la fortification des aliments, le cas de la farine de manioc, le Congo peut s’inspirer de l’expérience d’autres pays  déjà très embarqués en la matière. C’est le cas du Sénégal, qui a déjà réalisé des progrès dans la fortification des huiles alimentaires et d’autres aliments. Ce pays dispose déjà d’un organe fonctionnel de fortification des aliments. D’ailleurs, un film réalisé au Sénégal portant sur la fortification des aliments a été projété lors de la cérémonie d’ouverture.

                             

 

 

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