SATISFACTION DES BENEFICIAIRES ET PROBLEMES DE FORMATION POUR LE SUIVI DES MENAGES DU PROJET LISUNGI

Publié le par Jean Eudes GANGA MICKEMBY

Le vendredi 19 février 2016, Philippe LEIT, Chef de projet Lisungi à la Banque Mondiale a réalisé une visite dans les Comités locaux de mise en œuvre du projet de Makélékélé et de Moungali abrités par les Circonscriptions d’Action Sociale (CAS). Cette mission de terrain composée en outre d’un représentant de l’UNICEF et de Paul GANONGO, Responsable communication du projet Lisungi a conduit aussi la délégation vers des bénéficiaires du projet. Deux à Makélékélé et deux à Moungali. Si globalement la satisfaction est notée chez les bénéficiaires des allocations visités, il est cependant urgent de donner des réponses aux problèmes de formation des agents communautaires et de manque de supports pour ainsi améliorer le suivi des ménages.

L’objectif de cette mission de supervision était de faire le point sur l’exécution du projet sur le terrain. La mission a commencé à la Circonscription d’Action Sociale de Makélékélé ou Philippe LEIT a pu constater que les équipements informatiques de collectes des données ont été installés. Un serveur et cinq ordinateurs dans lesquels sont installés les logiciels appropriés pour la collecte des données des ménages. En ce jour, trois jeunes femmes sont venues se faire enregistrer dans le ficher. Franchenie, 21 ans, Christie 25 ans et Sylvie 33 ans. La délégation assiste à l’opération qu’Hubert MALONGA, Responsable Suivi et Evaluation du projet Lisungi à Makélékélé réalise avec une aisance remarquable. Prise de la photo numérique, capture des empreintes digitales.

A ce jour 341 ménages ont déjà bénéficié des allocations financières pour le premier trimestre. Les montants variant selon la taille du ménage. A noter que plusieurs dossiers sont encore en traitement sur le total de 1052 ménages identifiés à Makélékélé. L’objectif à terme étant de faire bénéficier des retombées du projet Lisungi à un plus grand nombre de ménages en situation d’extrême précarité ainsi qu’aux personnes âgées, conformément à la vision du projet. Les allocations devraient servir à entreprendre une activité génératrice de revenus.

Bénéficiaires partagés entre satisfaction et insuffisance de l’allocation

Deux bénéficiaires ont été visités par Philippe LEIT, Chef de projet Lisungi à la Banque Mondiale et la délégation qui l’accompagnait. Première destination, rue Biza chez M. Firmin MALONGA vivant avec sa fille de 25 ans et trainant une plaie au pied suite à une opération. Une seconde opération lui est nécessaire. Mais avant, des ordonnances à payer. La première allocation trimestrielle il l’a bien perçue : « …comme le projet vient de commencer je ne peut pas vous donner mon avis sur lui. Concernant l’argent reçu je pense qu’il est insuffisant. Quant tous les enfants ont su que j’ai reçu de l’argent ils sont tous venus. Comme le montant n’est que de trente mille francs alors vous comprenez vous-même la suite ! Mais je dois tout de même reconnaitre que le projet est bon. Vous ne travaillez pas mais vous recevez trente mille, c’est un peu bien ».

Deuxième bénéficiaire, une femme âgée dans la rue Samba Ndongo, vivant avec six petit-fils. Cent Cinq Mille francs CFA reçus, une activité génératrice de revenus (vente d’arachides) créée puis tombée en faillite. Le reste pour l’alimentation, ça aidé : « … cet argent m’a aidé pour l’alimentation pendant ma maladie des pieds qui m’a immobilisée. Je vendais des arachides il y a peu mais il n’y avait presque pas de bénéfice et j’ai dû laisser. Il me reste encore un peu d’argent de ce que j’ai reçu (rires) ».

Après la visite des deux bénéficiaires Nadège BICOUMOU, Assistante exécutive à la Représentation de la Banque Mondiale au Congo a réagi : « …le cas de Monsieur MALONGA est carrément un cas social si bien que même les fonds que le projet Lisungi ont apporté n’ont plus eu d’impact. Le volet prise en charge médical du projet n’est pas encore mis en œuvre. Quant à la vielle l’argent reçu lui a permis de se nourrir et de nourrir les petits enfants qui sont avec elle. Je pense que chez elle ça plutôt porté ! ».

A Moungali, Philippe LEIT a constaté comme à Makélékélé que les ordinateurs de collectes des données des ménages ont été installés à la Circonscription d’Action Sociale où est logé le projet. Mais ici, un problème majeur se pose. Dans un quartier où l’électricité du fournisseur public est rare, le projet est largement dépendant du groupe électrogène d’un organisme voisin. Pourtant un groupe électrogène du projet est bel et bien installé. Claude NGATSIO, Chef du CAS Moungali souhaite que soit mis en service ce groupe en installant les connexions nécessaires aux bâtiments. Autre souci évoqué, le téléphone qui n’est pas alimenté en crédit de communication ou encore l’absence de climatisation dans la salle des ordinateurs. Philippe LEIT a dit qu’un travail va se faire pour régler toutes ces difficultés dans de brefs délais. Il a en outre insisté sur la nécessité de notifier les demandes et les difficultés dans des dossiers à soumettre à la coordination du projet. Une communication permanente doit exister entre la CAS Moungali et la coordination du projet.

A Moungali 270 ménages ont été payés et 385 dossiers sont en traitement.

Problème de suivi des ménages

Selon Claude NGATSIO, les agents sociaux doivent être appuyés par des agents communautaires au regard du volume du travail. Mais ces agents communautaires, regrette-il, n’ont pas de formation. « … il faut qu’il y ait d’abord la formation qui doit se faire en amont. Maintenant que les bénéficiaires ont été payés il se pose le problème de suivi pour savoir ce que le bénéficiaire x ou y est en train de faire avec l’argent. Il faut à mon avis recadrer les choses et cette formation des membres des agents communautaires s’impose». Des solutions sont déjà envisagées. Elles viennent par exemple de l’UNICEF qui compte donner un appui à la formation des agents communautaires.

De sont côté Philippe LEIT a noté que les préoccupations évoquées par Claude NGATSIO épousent les siennes.

Le volet prise en charge médical, une urgence

« Nous souffrons beaucoup de voir les ordonnances médicales s’entasser sans être capables de réagir ». Ces mots sont de Claude NGATSIO. Ils permettent de saisir l’urgence de mettre en œuvre le volet prise en charge médicale du projet Lisungi.

La visite des bénéficiaires : bon usage des allocations financières

La mission s’est terminée par ma visite de deux bénéficiaires. Rue Madingou, une femme âgée, Angèle MPOLO dont la maison présente de pitoyables signes de la promiscuité. Soixante Mille francs reçus, et l’argent a servi à la production de briques pour améliorer progressivement son habitat qu’elle partage avec ses trois petit-fils. De son côté, Justine KOUYETISSA, est un symbole de courage et de réussite. Elle a reçus Soixante Quinze Mille francs et s’est lancé dans la vente de pains dans un petit marché situé dans la rue Lagué. Grace à son activité qui prospère, celle qui n’a pas de conjoint arrive à payer son loyer, nourrir sa famille et assurer la scolarité de ses enfants dans des écoles privées. Un en clase de première, un autre en seconde et un troisième en quatrième.

Publié dans Actualité

Commenter cet article