Construction de la Cité gouvernementale à Brazzaville : L’impact environnemental pris au sérieux

Publié le par Jean Eudes GANGA MICKEMBY

Une réunion de travail multipartite d’environ une heure s’est tenue lundi à la Préfecture de Brazzaville. Discussion autour des résultats de l’étude d’impact environnemental menée par le Bureau HA2PV , présentation par la société SUMMA de la nature des bâtiments à construire sur le site et surtout des débats à la fois franc et conviviaux.

Parmi les participants, le Député de Bacongo 2 où vont se réaliser les travaux, le Directeur départemental de l’environnement, les représentants de Ministères, de la Préfecture de Brazzaville, des Douanes, de la Fonction publique, d’Ong de l’environnement, du bureau d’études HA2PV, de la société Summa et de bien d’autres administration. Le grand absent, le représentant de la Délégation Générale des Travaux.

La Cité gouvernementale qui va se construire à Bacongo couvrira l’espace de l’actuel Ministère de la fonction publique, la résidence du Président de l’Assemblée national (en face de l’église Saint François), l’ambassade de la RCA, l’école IHEM, le Ministère de la santé, le Commissariat central, le Ciras, le Ministère de l’Intérieur. Le projet va s’exécuter en deux phases. La première phase verra la construction de trois infrastructures de dernière génération présenté par M. ISSAGA BA, Architecte à la société Summa en charge des travaux. Il s’agit notamment d’un grand centre commercial de trois niveaux, d’un hôtel de 151 chambres et 6 suites ainsi que d'un bâtiment ministériel de onze niveaux. D’ autres bâtiments suivront dans la seconde étape.

L’impact environnemental

Arthur TORRES, Directeur du Bureau d’études HA2PV présentant l’étude d’impact environnementale a noté que les travaux vont contribuer au réchauffement climatique en raison de l’utilisation des différents engins émetteurs de fumée, la pollution des sols et de l’eau à cause des huiles des moteurs par exemple. Dieudonné ANKARA, le Directeur Départemental de l’environnement regrette que dans le Plan de Gestion Environnementale et social (PAGES) la pollution due aux huiles et carburants des engins n’est pas pris en compte. Ce dernier plaide par ailleurs pour la conservation des symboles historiques présents dans la zone à démolir aux fins de construction. C’est le cas du bâtiment situé dernière l’actuel Ministère de la Justice et qui abrité la Direction du Budget. Ce bâtiment abritait le premier hôpital de Brazzaville à l’époque coloniale. Il propose ainsi que soit associé un archéologue pour identifier les impacts historiques. A sa voix s’est d’ailleurs joint celle des représentants du Ministère de la Construction.

Des inquiétudes ont par ailleurs été notées en ce qui concerne l’évacuation des eaux. La société Summa a annoncé la construction d’une station de traitement des eaux qui pourront être utiles pour d’autres usages comme l’arrosage des fleurs et des pelouses. Le reste des eaux inutilisables serait conduit vers le ruisseau la Glacière qui se jette dans le fleuve. Une proposition a été faite par un des participants de conduire ces eaux directement au fleuve au lieu de les orienter vers la ruisseau la Glacière.

Pour construire il faut d’abord démolir. M.ESSAGA BA, Architecte à la société Summa a indiqué qu’une société sera chargée de la démolition. Mais une grande question. Où déverser ces milliers de tonnes de déchets ? M.ESSAGA BA, Architecte à la société Somma a signifié que la société en charge de la démolition a déjà des pistes pour cela. Mais pour le Directeur départemental de l’environnement, si ces déchets doivent être par exemple utilisés pour le remblayage des ravins de Brazzaville, il faut au préalable se rassurer qu’ils ne sont pas infectés de matières qui pourraient s’avérer dangereuses pour la santé des populations. Avant d’ajouter le nécessaire contact entre ses services et la société en charge de la démolition.

800 emplois directs à créer

C’est ici que Tangui Fouemina, le Député de Bacongo 2 a rebondi pour solliciter que les riverains, c'est-à-dire les populations de Bacongo soient les premiers bénéficiaires des recrutements en raison du fait que les travaux se réalisent dans leur arrondissement.

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